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Arrosage des fruitiers : combien, quand et comment ?

  • Pépinière des fruitiers
  • 22 janv.
  • 14 min de lecture

L’arrosage des arbres fruitiers est l’un des sujets les plus mal compris dans les vergers familiaux. Certains jardiniers pensent qu’un arbre ne doit pratiquement jamais être arrosé, d’autres arrosent trop et trop souvent, fragilisant ainsi le système racinaire. Entre ces deux extrêmes, il existe une approche raisonnée et efficace, qui respecte les besoins réels du fruitier tout en économisant l’eau, une ressource qui devient de plus en plus précieuse, en particulier avec l’augmentation des épisodes de sécheresse et de chaleur.


Bien maîtriser l’arrosage, c’est assurer une bonne croissance, une fructification généreuse, et surtout un arbre en bonne santé sur le long terme. Ce guide complet détaille tout ce qu’il faut savoir : besoins réels en eau selon l’âge, le type de fruitier, le sol, la saison, les méthodes d’arrosage, les erreurs à éviter, les signes de stress hydrique et les bonnes pratiques pour un verger résilient.



Table des matières





1. Le besoin en eau des fruitiers : comprendre les bases


Chaque arbre fruitier a ses propres exigences, mais certains principes généraux permettent de comprendre leurs besoins.




a. Une règle d’or : un arbre jeune = un arbre à arroser


Un fruitier fraîchement planté (1 à 3 ans) n’a pas encore développé un système racinaire profond. Il dépend donc entièrement des apports d’eau du jardinier, surtout en été.

On estime que :


  • la 1ère année, l’arrosage régulier est indispensable,

  • la 2e année, il doit être espacé mais toujours conséquent,

  • à partir de la 3e ou 4e année, un fruitier commence à devenir autonome (selon l’espèce).




b. Les arbres adultes : beaucoup moins d’arrosage qu'au début


Une fois bien implantés, la majorité des fruitiers peuvent vivre sans irrigation si :


  • le sol n’est pas trop superficiel,

  • il n'y a pas de concurrence herbacée excessive,

  • le paillage est bien appliqué,

  • le porte-greffe est adapté au terrain.


Cependant, certains fruitiers gourmands (kiwi, agrumes,...) ont des besoins plus élevés et il est toujours bénéfique pour le développement des fruits d'arroser pendant la période d'été !



c. Les arbres greffés sur porte-greffes nanifiants et avec systèmes racinaires superficiels


Les fruitiers greffés sur porte-greffes nanifiants : pommiers sur M9 ou M26, poiriers sur cognassier EMC, pruniers sur St-Julien A, cerisiers sur Gisela 3, etc.... sont très utilisés dans les vergers de production intensive ou dans les très petits jardins des particuliers. Leur avantage est clair : ils produisent rapidement, restent de petite taille et facilitent la taille, la récolte et l’entretien. Mais cette compacité a un revers : leurs systèmes racinaires sont beaucoup plus superficiels, donc nettement plus sensibles au stress hydrique.


Un arbre vigoureux, greffé sur franc ou sur un porte-greffe “fort”, développe un réseau racinaire profondément ancré. À l’inverse, les portes-greffes nanifiants ont été sélectionnés pour limiter la croissance en hauteur… et cette limitation se fait en grande partie par un ancrage racinaire réduit. Résultat :


  • Les racines explorent moins de profondeur, souvent concentrées dans les 20 à 40 cm supérieurs du sol.

  • Elles ont moins de réserves en eau et dépendent fortement des apports réguliers.

  • Le moindre coup de chaud se répercute rapidement sur l’arbre : feuilles enroulées, chute des jeunes fruits, baisse de calibre.


Ces arbres ont donc besoin d’un arrosage beaucoup plus suivi, surtout en période estivale ou en sol filtrant.


Si vous souhaitez en apprendre plus sur les porte-greffes, n'hésitez pas à consulter notre article sur le sujet (https://www.pepinieredesfruitiers.com/post/quel-porte-greffe-choisir-pour-son-arbre-fruitier-pommier-poirier-cerisier-agrumes). 




d. À quoi sert l’eau pour le fruitier ?


L’eau intervient dans :


  • la croissance des jeunes tissus,

  • la formation des fruits (80 à 90 % d’eau),

  • le transport des nutriments dans l’arbre,

  • le maintien de la turgescence (évite le flétrissement),

  • la régulation thermique de l’arbre.


Un stress hydrique prolongé réduit non seulement la croissance, mais peut aussi entraîner :


  • une chute prématurée des fruits,

  • un calibre insuffisant,

  • un durcissement de la peau,

  • une baisse de production l’année suivante.





2. Combien arroser un arbre fruitier ? Les quantités selon âge, saison et fruitier


C’est la question la plus fréquente… et la plus compliquée, car la bonne réponse dépend de plusieurs facteurs : l’âge de l’arbre, le fruitier concerné, le climat, le sol, la présence ou non de paillage.



a. Les quantités d’eau pour un jeune fruitier (0 à 3 ans)


Les jeunes arbres doivent être arrosés profondément pour encourager un enracinement profond.


Quantité recommandée (arbre isolé) :


  • 20 à 30 litres par arrosage la première année,

  • 30 à 50 litres la deuxième,

  • 50 à 70 litres la troisième.


Fréquence :


  • Printemps : 1 fois tous les 7 à 10 jours

  • Été : 1 fois par semaine (canicule : deux fois par semaine)

  • Automne : espacé (tous les 10 à 15 jours en période sèche)


L’objectif : arroser rarement mais abondamment, jamais un peu tous les jours.




b. Les quantités pour les arbres adultes


Une fois implanté, un fruitier peut recevoir :


  • 50 à 100 litres lors d'un arrosage profond,

  • parfois jusqu'à 150 litres pour les gros sujets (noyer, châtaignier, pacanier...).


Arbres pouvant se passer d’arrosage (sauf 1ère année) :


  • figuier

  • olivier

  • vigne

  • grenadier

  • amandier

  • jujubier

  • arbousier

  • caroubier

  • pistachier


Arbres qui supportent mal la sécheresse :


  • pêcher

  • abricotier (selon porte-greffe)

  • kiwi

  • agrumes

  • pommier sur porte-greffe de faible vigueur

  • cerisier sur porte-greffe de faible vigueur

  • poirier sur cognassier

  • noisetier




c. Les quantités selon le sol


Sol sableux (drainant)

L'eau descend vite → arrosages plus fréquents mais mêmes quantités


Sol argileux

Ce sol retient l'eau plus longtemps→ arrosages moins fréquents


Sol caillouteux / sec naturel

Le drainage est rapide en raison des cailloux → arbres adaptés aux sols secs (figuier, olivier, amandier, pistachier... )


Sol riche et profond

Conditions idéales pour la croissance des fruitiers → excellente autonomie du fruitier





3. Quand arroser les fruitiers ? Les moments clés de l’année


Les besoins ne sont pas constants. Ils évoluent selon le cycle végétatif et la période de l'année.


a. Au printemps : Le réveil et la construction


C'est la phase la plus dynamique. L'arbre sort de sa dormance et doit, en quelques semaines, produire des feuilles, des fleurs et de nouvelles racines.


  • L’enjeu : Un manque d'eau à ce stade provoque une "coulure" des fleurs (elles tombent au lieu de se transformer en fruits) ou une mauvaise sortie des feuilles qui affaiblit l'arbre pour toute la saison.

  • Pourquoi arroser ? La transpiration commence dès que les feuilles s'ouvrent. Si le printemps est sec et venteux, l'arbre pompe ses réserves internes plus vite qu'il ne peut absorber l'eau du sol.


Quand intervenir ?


  • Signes visuels : Les jeunes pousses de l'année (les extrémités des branches) se courbent vers le bas en fin de journée.

  • Test du sol : Grattez la terre. Si elle est sèche et poussiéreuse sur plus de 15 cm, il faut arroser.

  • Cas particulier : Les arbres à floraison précoce (amandier, abricotier) sont les premiers à surveiller dès le mois de mars.


b. En été : période critique


C'est la période de stress maximal. L'arbre doit gérer deux priorités contradictoires : transpirer pour réguler sa température (comme nous transpirons pour nous refroidir) et garder de l'eau pour faire grossir ses fruits.


  • L'enjeu : Éviter l'arrêt de croissance. Si le stress est trop fort, l'arbre "se ferme" : il stoppe sa photosynthèse pour ne plus perdre d'eau. Le fruit ne prend plus de sucre et reste petit.

  • Pourquoi arroser ? Pour maintenir le flux de sève qui "gonfle" les cellules du fruit.


Quand intervenir ?


  • Signes de soif (Stade 1) : Les feuilles perdent leur éclat, deviennent ternes ou s'enroulent légèrement sur elles-mêmes pour présenter moins de surface au soleil.

  • Signes d'alerte (Stade 2) : Les feuilles jaunissent à l'intérieur de l'arbre et tombent (l'arbre se déleste pour survivre). Les bords des feuilles "grillent" (brunissement sec).

  • Règle d'or : Arroser abondamment mais peu souvent. Un gros apport (50L à 100L pour un arbre adulte) une fois par semaine vaut mieux qu'un peu tous les jours. Cela force les racines à aller chercher l'eau en profondeur.



c. En automne


C'est une période de transition capitale. L'arbre ne cherche plus à produire du bois ou des feuilles, mais à stocker de l'énergie (sous forme de sucres et d'amidon) dans ses tissus pour survivre au gel et redémarrer vigoureusement au printemps.


  • Pourquoi arroser ? Si l'automne est trop sec, la sève circule mal. L'arbre ne peut pas transporter les nutriments des feuilles vers le tronc avant que celles-ci ne tombent. Un bon apport en eau aide aussi à la "différenciation des bourgeons" : c'est maintenant que se prépare le nombre de fleurs de l'année prochaine.

  • Le signe qui ne trompe pas : Une chute précoce des feuilles alors qu'elles sont encore un peu vertes (signe de stress hydrique intense).

  • L'action clé : Un dernier arrosage très copieux (30 à 50 litres selon la taille) juste après la récolte des fruits.



d. En hiver


En hiver, l'arbre entre en dormance. L'évaporation par les feuilles est nulle (pour les feuillus), mais l'arbre continue de respirer et de perdre une infime quantité d'eau par l'écorce.

  • Le danger du gel sec : C'est le piège des climats de montagne ou de l'Est. Un sol gelé est "physiologiquement sec". Si le vent souffle fort sur un sol gelé sans neige, l'arbre peut se dessécher (phénomène de lyophilisation).

  • Quand arroser ? Exclusivement lors d'un épisode de redoux, si le sol n'a pas reçu de pluie/neige depuis plusieurs semaines. Cela concerne surtout les arbres persistants (olivier, agrumes) qui continuent de transpirer légèrement.

  • Pour les jeunes plantations : Vérifiez l'humidité du sol sous le paillage. Un arbre planté en racines nues en novembre a besoin que sa terre reste "fraîche" (mais pas détrempée) pour que ses radicelles s'installent.






4. Comment arroser un arbre fruitier ? Les bonnes techniques


Il ne suffit pas de donner de l’eau : il faut l’apporter correctement.


a. Arroser en profondeur


La règle essentielle : L’eau doit atteindre 20 à 40 cm de profondeur.


Cela encourage :


  • des racines profondes,

  • une meilleure résistance à la sécheresse,

  • une stabilité de l’arbre.


Arroser superficiellement = racines superficielles = arbre fragile.




b. Le paillage : indispensable


Un bon paillage réduit l'évaporation de 40 à 70 %.


Meilleurs paillages pour fruitiers :



  • copeaux de bois/BRF

  • paille

  • foin

  • feuilles mortes

  • compost grossier


Épaisseur recommandée : 10 à 15 cm au maximum.


Le paillage garde la fraîcheur, nourrit le sol et limite les arrosages.


Attention: Il ne faut jamais coller le paillage contre le tronc. Il faut laisser un petit espace vide de 5-10 cm autour du tronc pour éviter que l'humidité constante ne fasse pourrir l'écorce.




Le paillage est indissociable d'une bonne plantation. Retrouvez nos conseils pour réussir la plantation de vos arbres.


c. L’arrosage au goutte-à-goutte


La méthode la plus efficace :


  • apporte l’eau lentement,

  • évite les pertes,

  • idéal pour les vergers intensifs ou semi-intensifs.


Débit idéal :


2 à 4 litres/heure par goutteur.


Inconvénient :


Peut encourager des racines superficielles si mal géré → penser à des arrosages profonds occasionnels.


Conseil : doubler la rampe de goutte-à-goutte (une de chaque côté de l'arbre) ou l'éloigner du tronc au fur et à mesure que l'arbre grandit pour suivre la croissance des racines.



d. La cuvette d'arrosage


Créer un bassin circulaire autour du tronc permettant de retenir l’eau des arrosages profonds. Utile pour les deux premières années uniquement. A éviter sur un sol argileux qui retiendrait trop l'eau l'hiver au niveau du pied de l'arbre.



e. L’arrosage enterré (ollas, tuyaux perforés)


Excellente méthode en climat sec :

  • 50 % d’eau économisée,

  • humidité constante en profondeur.


Conseil : Pour un arbre, il faut des Ollas de grande capacité (10 à 20 litres) et les enterrer à la limite de la "canopée" (l'aplomb des branches) et non contre le tronc, car c'est là que se trouvent les racines absorbantes.




5. Les erreurs les plus fréquentes à éviter



a. Le "saupoudrage" (arroser peu mais souvent)


C'est l'erreur la plus commune. En arrosant 5 minutes chaque jour, l'eau ne pénètre que les 2 ou 3 premiers centimètres du sol.


  • Le piège : L'arbre comprend que l'eau est en surface. Il concentre ses racines à l'air libre plutôt que de plonger.

  • La conséquence : Au moindre oubli ou lors d'une canicule, ces racines de surface grillent instantanément. L'arbre devient dépendant de votre arrosage.

  • La règle : Un arrosage copieux tous les 10 jours vaut mieux qu'un petit jet quotidien.




b. L'arrosage "douche" et le mouillage du tronc


Beaucoup arrosent le pied du tronc ou le feuillage.


  • L'erreur technique : Les racines qui absorbent l'eau (les radicelles) ne sont pas au pied du tronc, mais à l'extrémité du système racinaire, souvent à l'aplomb des branches les plus externes.

  • Le risque sanitaire : Humidifier le tronc et le collet favorise le phytophthora (pourriture) et les maladies cryptogamiques (champignons) comme la tavelure ou l'oïdium sur les feuilles.

  • La bonne pratique : Arrosez en couronne, à la "verticale" du bout des branches.




c. Le gaspillage par évaporation (Le midi)


Arroser sous un soleil de plomb est une perte de temps et d'argent.


  • Le chiffre : En plein après-midi, jusqu'à 60 % de l'eau s'évapore avant même d'atteindre les racines.

  • L'effet loupe : Contrairement à une idée reçue, l'eau ne brûle pas les feuilles (effet loupe rare), mais le choc thermique entre une eau froide et un sol brûlant peut stopper brutalement la croissance des racines.

  • Le moment idéal : Entre 21h et minuit pour que la terre s'imbibe toute la nuit, ou à l'aube pour préparer l'arbre à la chaleur du jour.



d. La concurrence de la pelouse : le "vol d'eau"


C’est le danger invisible. Une pelouse bien verte au pied d'un arbre est sa pire ennemie.


  • Le mécanisme : L'herbe possède un réseau de racines extrêmement dense qui capte la moindre goutte d'eau et d'engrais avant qu'elle ne descende plus bas.

  • Le résultat : L'arbre meurt de soif alors que le gazon est magnifique.

  • La solution : Pratiquez le désherbage manuel sur un cercle d'un mètre de diamètre autour du tronc et remplacez l'herbe par un paillage organique.



e. Ignorer la "personnalité" de son sol


Connaître la nature de son sol est primordial pour bien gérer la fréquence et la quantité d'arrosage.


  • En sol sableux (drainant) : L'eau file comme dans un entonnoir. Il faut arroser moins à la fois, mais plus souvent. Le paillage est ici une question de survie.

  • En sol argileux (lourd) : Le sol stocke énormément d'eau. Si vous arrosez trop, l'eau chasse l'air, les racines s'asphyxient et l'arbre "se noie".


Exemple :

  • Arroser un sol argileux comme un sol sableux → engorgement.

  • Arroser un sol sableux comme un sol argileux → déshydratation.




6. Les signes qu’un fruitier manque d’eau


Voici les symptômes typiques de stress hydrique.


a. Premiers signes (Le stade de la soif)


C'est le moment d'agir pour éviter tout impact sur la récolte.


  • Le "signal de fin de journée" : Les feuilles pendent vers 16h mais se redressent la nuit. Si elles restent pendantes le matin, l'alerte est sérieuse.

  • Le changement de couleur : Un feuillage qui passe du vert brillant au vert mat ou grisâtre.

  • Le ralentissement : Les nouvelles pousses de l'année (les rameaux "aoûtés") s'arrêtent de grandir prématurément.



b. Signes avancés (Le stade du sacrifice)


L'arbre commence à sacrifier ses organes pour protéger son tronc et ses racines.


  • L'avortement des fruits : L'arbre se déleste. Il fait tomber ses fruits (souvent encore petits) pour réduire ses besoins en énergie.

  • Le "grillage" des bords : Le contour des feuilles devient brun et cassant (nécrose), car la sève n'arrive plus jusqu'aux extrémités.

  • Le défaut de sucre : Les fruits qui restent sur l'arbre sont peu juteux, acides ou sans saveur.



c. Signes critiques (Le stade de la survie)


Ici, la structure même de l'arbre est en danger.


  • La chute des feuilles en plein été : C'est le mode "survie totale". L'arbre se met en dormance forcée.

  • Les fissures de l'écorce : En se desséchant, le bois se rétracte et l'écorce peut éclater, ouvrant la porte aux maladies et aux insectes ravageurs.

  • La mort des rameaux : Les extrémités des branches deviennent cassantes comme du bois mort.


Goutteurs bouchés sur un cerisier d'une ligne de plantation.
Goutteurs bouchés sur un cerisier d'une ligne de plantation.


⚠️ Attention : Le piège de la "Fausse Soif"


Note importante : Un arbre dont les feuilles jaunissent et tombent peut aussi souffrir d'un excès d'eau (asphyxie des racines). Comment faire la différence ? Touchez la terre à 10 cm de profondeur. Si elle est boueuse et que l'arbre dépérit, n'arrosez surtout pas ! Les symptômes de l'asphyxie racinaire ressemblent étrangement à ceux de la soif.



7. Signes d’un excès d’eau : tout aussi dangereux


On croit souvent bien faire en arrosant abondamment, mais un sol saturé d'eau expulse l'oxygène. Sans oxygène, les racines "noient", meurent et finissent par pourrir. Un excès d'eau est souvent plus foudroyant qu'une sécheresse.



a. Comment reconnaître l'asphyxie ?


Les symptômes ressemblent parfois à la soif, mais quelques détails permettent de trancher :


  • Jaunissement généralisé : Contrairement à la soif où les feuilles brunissent sur les bords, l'excès d'eau fait pâlir toute la feuille (chlorose) en commençant par les nervures.

  • Feuilles molles mais "poids lourd" : Les feuilles pendent, mais elles ne sont pas sèches ou cassantes. Elles restent souples et gorgées d'une eau que l'arbre ne sait plus traiter.

  • Le test de l'odeur : Si vous creusez un peu, la terre dégage une odeur de vase, de marécage ou d'œuf pourri. C'est le signe d'une fermentation anaérobie.

  • Présence de champignons au collet : Des mousses ou des champignons qui poussent à la base du tronc sont souvent le signe d'une humidité stagnante dangereuse.



b. Le plan d'urgence : que faire ?


Si vous identifiez un excès d'eau, chaque jour compte pour sauver le système racinaire.


  1. Arrêt total et immédiat des arrosages : Même si la terre en surface paraît sèche, fiez-vous à l'état de l'arbre.

  2. Aérer le sol : Utilisez une fourche-bêche pour faire des trous tout autour de l'arbre (sans retourner la terre) pour laisser l'oxygène redescendre vers les racines.

  3. Supprimer la cuvette : Si vous aviez créé une cuvette de rétention, cassez-la pour que l'eau de pluie puisse s'évacuer loin du tronc.

  4. Nettoyer le pied : Retirez temporairement le paillage s'il est détrempé pour laisser le sol "respirer" et évaporer le surplus.

  5. Vérifier le drainage : Si le problème revient à chaque pluie, il faudra envisager de créer une tranchée drainante ou de planter sur une petite butte (monticule) pour les prochaines fois.


Le mémo visuel : Jaune ou Brun ?


  • Feuille brune et cassante = Manque d'eau (déshydratation).

  • Feuille jaune et molle = Trop d'eau (asphyxie).



8. Besoins en eau selon les principaux fruitiers



a. Fruitiers très résistants à la sécheresse


Ces arbres sont les champions de la survie. Ils possèdent soit des racines qui descendent à plusieurs mètres de profondeur, soit des feuilles capables de limiter l'évaporation.


  • Le trio d'or (Figuier, Olivier, Vigne) : Une fois installés (3 ans), ils peuvent se passer d'arrosage, même lors d'étés caniculaires. Le bémol : Si vous voulez des fruits charnus et juteux, un arrosage par mois en été aide beaucoup.

  • Les rustiques (Amandier, Grenadier, Jujubier, Pistachier) : Ils préfèrent même avoir soif plutôt que d'avoir les pieds dans l'eau.

  • Le Caroubier et le Mûrier : Ils offrent l'ombre la plus fraîche en plein soleil sans demander une goutte d'eau.


     Pour ces arbres, l'arrosage est un bonus de production, pas une condition de survie.


Si votre terrain est sec, consultez notre collection de fruitiers résistants à la sécheresse.


b. Fruitiers modérément exigeants


Ces arbres sont "résilients". Ils supportent des périodes sèches, mais leur production en souffrira si le manque d'eau dure trop longtemps.


  • Pommier, Cerisier et Poirier : Leur besoin dépend énormément du porte-greffe. Sur un "Franc" (sauvage), ils sont très costauds. Sur un porte-greffe nain, ils deviennent dépendants.

    Un manque d'eau sur le poirier provoque souvent des fruits granuleux (pierreux).

  • Abricotier et Prunier : Ils redoutent surtout les coups de chaleur brutaux en juin/juillet au moment où le fruit finit sa croissance. Un arrosage profond tous les 15 jours en cas de sécheresse suffit amplement.


c. Fruitiers exigeants en eau


Ici, l'arrosage n'est pas une option, c'est une nécessité vitale pour la récolte et la santé de l'arbre.


  • Pêcher et Nectarinier : Contrairement à l'abricotier, le pêcher a des racines plus superficielles. Sans eau, les pêches restent de la taille de balles de golf et l'arbre s'épuise.

  • Le Kiwi (Actinidia) : C'est une liane forestière. Il a besoin d'une atmosphère humide et d'un sol toujours frais. En cas de vent sec et de forte chaleur, ses grandes feuilles brûlent en quelques heures.

  • Les Agrumes : Cultivés en pot ou en pleine terre au sud, ils ont besoin d'apports réguliers pour ne pas faire avorter leurs fleurs et leurs jeunes fruits.

  • Les Petits fruits (Framboises, fraisiers, Groseilles,...) : Leurs racines sont très proches de la surface. Sans paillage épais et arrosage régulier, ils ne passeront pas le mois de juillet.


Pour vos arbres exigeants, découvrez nos variétés de Kiwis et notre gamme d'Agrumes.



9. Calendrier d’arrosage annuel : récapitulatif



Saison

Jeunes arbres (-3 ans)

Arbres adultes

Objectif

Printemps

1 fois / semaine

Selon météo (rare)

Soutenir la floraison.

Été

1 fois / 5-7 jours

1 fois / 10-15 jours

Faire grossir le fruit.

Canicule

1 fois / 3 jours

1 fois / 6-7 jours

Éviter le stress thermique.

Automne

1 à 2 gros apports

1 gros apport final

Recharger les réserves.

Hiver

Si sec (>3 sem.)

Inutile

Maintenir les racines.



10. Conclusion : arroser intelligemment pour un verger durable


L’arrosage des fruitiers n’est ni compliqué ni énergivore si l’on comprend les besoins réels des arbres. Pour assurer un verger productif et résilient, il suffit de respecter ces 6 piliers essentiels :


  • La profondeur avant tout : Arroser rarement mais abondamment.

  • Le bouclier thermique : Toujours pailler pour garder la fraîcheur.

  • La patience : Adapter l’arrosage à l’âge (plus intense au début, dégressif ensuite).

  • L'observation : Savoir lire les signes de stress (feuilles, fruits, écorce).

  • La juste mesure : Ne jamais arroser en excès pour éviter l'asphyxie.

  • L'efficacité : Privilégier les méthodes d'arrosage profond (ollas, tuyaux, cuvettes).

Le mot de la fin : Un fruitier bien accompagné durant ses premières années devient un arbre autonome et robuste. En arrosant intelligemment aujourd'hui, vous construisez un patrimoine gourmand qui restera productif pour les décennies à venir.

Prêt à planter ? Explorez notre pépinière en ligne et choisissez des arbres élevés en plein air pour une résistance maximale.


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Tel : 07 83 89 90 11

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Lundi 9h-12h et 13h-16h

Mercredi 9h-12h et 13h-16h

Vendredi 9h-12h et 13h-16h

Pépinière ouverte au public de début octobre à fin mai. 

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